Accueil
Biographie
Livres
Revue de presse
Textes
Articles
Contacts

Le prochain livre d’Alexandre Lacroix paraîtra le 8 octobre 2014 chez Flammarion. En attendant, voici la quatrième de couverture et une petite interview réalisée par l'éditeur.

Si nous sommes sincères, il faut bien avouer que nous ignorons notre raison d’être sur Terre. La solution à l’énigme de l’univers et de la vie nous est cachée. Est-ce une raison pour désespérer ? Bien au contraire, on peut prendre appui sur cette incertitude. Socrate avec son «Je sais que je ne sais rien», Montaigne avec son «Que sais-je ? » nous ont montré le chemin.

En suivant les enseignements des Sceptiques de l’Antiquité, ces philosophes injustement méconnus, j’ai cherché à élaborer une philosophie morale adaptée à notre temps. Elle tient en quatre préceptes, dont l’explication complète occupe l’ensemble de cet ouvrage : « Ne perds pas ta vie à poursuivre un but illusoire ; ne choisis jamais ; obéis toujours à ton désir le plus grand ; admire aussi souvent que tu le peux les apparences de ce monde. »

A. L.

 



Interview en trois questions :

Même s’il est très personnel, peut-on lire votre essai comme l’étendard d’une génération de trentenaires ?

J’avais 14 ans quand le mur de Berlin est tombé. Avant la chute du Mur, dans un monde fortement polarisé, il y avait une forte incitation à s’engager. Vous aviez le droit de vous tromper d’erreur, par exemple de devenir maoïste, l’important c’était de foncer dans une erreur. Par comparaison, nous avons beaucoup de chance aujourd’hui : nous pouvons refuser toutes les erreurs et laisser notre esprit planer tranquillement au-dessus d’elles !

 

Mais comment vivre lorsqu’on ne croit à rien, ni au bonheur, ni à la sagesse, ni à la vérité ?

Librement ! L’incertitude, dans laquelle certains voient une raison de désespérer, comme si nos vies étaient vouées au non-sens, est aussi garante d’une certaine liberté. Rien n’est prescrit et rien n’est aussi certain que ce que nous voyons de nos propres yeux. En somme, rien n’est plus profond que la surface. A cette simple idée, vous ne vous sentez pas déjà plus léger ?

 

Votre essai contient un vibrant éloge du scepticisme. Qu’avez-vous découvert avec les penseurs sceptiques ?

D’abord, je voulais réparer une injustice. On parle beaucoup de l’épicurisme et du stoïcisme, tandis que le troisième grand courant de l’Antiquité, le scepticisme, est méconnu. Je voulais faire redécouvrir Sextus Empiricus, Pyrrhon ou les successeurs de Platon à l’Académie… Il y a une dizaine d’années, quand j’ai ouvert les Esquisses pyrrhoniennes de Sextus Empiricus, ce fut un choc : j’y ai découvert une philosophie sans dogme, sans moraline, sans naïvetés idéalistes. Cela m’a donné envie de rendre hommage à ces auteurs et de décliner, à partir de leurs concepts, une morale, c’est-à-dire une philosophie de vie.